Combattre le désengagement

Nombreuses sont les personnes qui se lèvent le lundi matin avec une seule envie : être vendredi. Et pour cause, en France, presque 90% des employés sont désengagés dans leur travail. Ce chiffre révélé par une étude GALLUP est alarmant et lourd de conséquences. Il signifie que les employés viennent travailler dans le simple but de percevoir un salaire et n’effectuent que le strict minimum de ce que l’entreprise attend d’eux.

 

Le désengagement est une réduction de l’implication de l’employé vis-à-vis de son travail et de l’entreprise. Manque de considération de la part de la hiérarchie, perte de sens des missions, absence de cohésion au sein du service, déresponsabilisation par le biais de contrôles de plus en plus fréquents, frustration liée à la rareté de la prise d’initiatives, les raisons de ce manque d’engagement peuvent être multiples. Certaines dépendent des employés eux-mêmes, mais d’autres sont d’ordre managérial. Ignorer cette dernière catégorie constituerait une véritable erreur car, en plus d’être toxique pour l’entreprise, le désengagement est… très coûteux. De prime abord invisible, il se manifeste par une passivité accrue de l’employé conduisant à une diminution de son efficacité, un manque de proactivité et une augmentation de son absentéisme.

 

Comment combattre cette gangrène ?

 

Améliorer le management

La sixième édition de l’Observatoire du management, publiée par le cabinet Oasys, montre que 85% des collaborateurs très engagés déclarent pouvoir compter sur le soutien de leur N+1. Or, les défaillances en terme de management sont de plus en plus prononcées. Alors que les employés attendent de leur manager un travail en symbiose, la réalité est souvent bien différente. Tiraillé entre ses équipes et sa propre hiérarchie, le manager peine à s’épanouir et à s’exprimer librement dans son travail. Face aux objectifs de performance attendus par la direction, il a tendance à négliger l’aspect humain de ses fonctions au profit de contrôles toujours plus fréquents. Ce manque de considération et de reconnaissance envers ses subordonnées est bien souvent le facteur déclencheur de leur désengagement. Il est donc primordial de soigner ses échanges avec ses équipes afin de les impliquer dans l’objectif commun de l’entreprise. Le rôle du manager est d’embarquer ses équipes dans une aventure commune où chacun a sa place et une valeur ajoutée reconnue. En ce sens, la transparence à leur égard est fondamentale pour partager les décisions stratégiques et élaborer des plans d’action ensemble. En plus d’être flattés de se voir considérer comme de réels partenaires, les collaborateurs comprendront plus aisément le rôle qu’ils ont à jouer dans l’entreprise. Pour ceux qui auraient encore des doutes, cette même étude menée par l’Observatoire du management, indique que 93% de ceux qui perçoivent le sens de leur travail en ayant une bonne vision de leur contribution s’investissent davantage dans leur travail.

 

Accompagner le changement

Le changement en entreprise est possible. Il est même souhaitable ! Imaginez-vous travailler dans une structure où tout reste systématiquement figé, prévisible et sans surprise. L’ennui ne tarderait pas à se manifester suivi de près par… le désengagement. Cependant, souvent synonyme d’incertitudes et de stress, le changement effraie les employés. Pour qu’il soit réussi, il nécessite d’être accompagné. Un principe trop fréquemment oublié et source d’incompréhension pouvant avoir des conséquences terribles pour l’ensemble de l’entreprise. De nombreuses études affirment que les employés sont nettement plus exposés au désengagement dans un contexte de réorganisation. Pour éviter de tomber dans ces travers, le meilleur atout du manager est la communication. Animés par l’appréhension, les employés éprouvent le besoin d’être rassurés et, pour cela, il n’y a rien de plus efficace que le renforcement voire le renouement du dialogue.

 

Favoriser l’esprit d’équipe

Force est de constater que l’individualisation n’épargne pas les open spaces ou autres espaces de travail. La normalisation des comportements individualistes, les rivalités au sein des équipes, l’accélération de l’information, l’accroissement de la quantité de travail sont autant de facteurs qui contribuent à la dégradation de l’ambiance de travail. Les rapports entre collègues se tendent et manquent de sincérité. Puis, les liens se désagrègent au risque de voir toute solidarité disparaître. La faute serait d’attendre que le désengagement des employés soit total avant d’intervenir. C’est pourquoi, il est du ressort du manager de développer et entretenir un sentiment d’appartenance à l’équipe. Il se doit de veiller à ce que les ambitions personnelles de certains ne portent pas atteinte à l’esprit d’équipe. Sans cette cohésion, l’atteinte de l’objectif commun serait compromise et la perte de sens au travail inévitable. Ainsi, il est indispensable de favoriser les échanges et d’établir un dialogue fréquent entre les employés et leur manager. Un service soudé et un service performant.

 

Le désengagement est très coûteux pour l’entreprise. Outre le manque à gagner quotidien causé par les employés désengagés qui ne s’investissent pas à 100% dans leur poste, il se traduit un absentéisme accru, un turn-over excessif, une perte d’efficacité et de rentabilité. Et si la performance de l’entreprise commençait ici ?

 

Pour en savoir plus sur les signes de reconnaissance, lisez cet article.

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