Comprendre la génération Y

Difficile à décrypter, la jeunesse d’aujourd’hui donne du fil à retordre aux entreprises et aux médias. Immédiateté, pragmatisme, hédonisme, sont autant de termes qui la caractérisent. Pourtant, le flou perdure lorsqu’il s’agit de comprendre précisément les attentes de cette génération qui intrigue. Pour mieux appréhender le fonctionnement de cette génération de digital natives, il est important d’en connaître les caractéristiques.

 

3 caractéristiques

1/ Il s’agit de la première génération post moderne. Cela signifie que le futur de cette génération s’annonce plus sombre que le passé. Cette théorie du post modernisme, régulièrement décrié, donne quoi qu’il en soit une grille de lecture efficace pour expliquer un certain nombre de comportements observés chez les membres de la génération Y.

Étant enfants, les membres de cette génération ont vu leurs parents souffrir du chômage. Des parents qui, après avoir fourni trente ans de bons et loyaux services à leur entreprise, se sont brutalement vus mettre à la porte. Fort de ces constats, la génération Y entretient un rapport avec l’entreprise différent de celui observé chez les générations précédentes. L’évolution est nette. La génération des baby-boomers attendait des entreprises qu’elles leur offrent un emploi à vie, une sécurité matérielle. La génération X, celle qui suivie, a démarré la remise en cause de ce pacte social en commençant à changer de travail en cours de carrière. Elle sollicitait alors les entreprises pour leur employabilité.

Puis, la génération Y est venue profondément bouleverser ce pacte social. Pour cette génération courtermiste, qui a du mal à se projeter, la recherche de l’épanouissement professionnel et personnel prime sur la stabilité. La génération Y reste, en moyenne, 3 ans en poste. À ce titre, le CDI ne séduit plus et conduira probablement à la création d’une nouvelle forme de contrat dans les années à venir. Les thématiques de sens, transparence, engagement, non respect de la hiérarchie prennent une place centrale dans la relation au travail. Aux yeux de cette génération, un manager n’est pas respecté pour son statut de manager mais parce qu’il est compétent à son poste, légitime. La génération Y a besoin de comprendre à quoi sert le travail fourni. Celui-ci doit leur donner une bonne raison de se lever le matin. En l’absence d’engagement à long terme et de confort matériel, cette génération cherche des réponses à travers leur travail. Ce comportement est très déroutant pour les managers qui avaient jusque là l’habitude de donner des ordres. Des pratiques auxquelles cette nouvelle génération se montre généralement peu réceptive.

 

2/ La génération Y est la première génération mondialisée. Selon le philosophe Michel Serres, trois révolutions se sont produites. La première est celle de l’écriture, suivie par celle de l’imprimerie, elle-même dernièrement chamboulée par la révolution du numérique. Comme les deux précédentes, la révolution du numérique bouleverse tout et oblige les nouvelles générations à réinventer le monde encore régi par des règles d’un autre temps. Les représentants de la génération Y s’imposent comme étant les enfants du numérique. Le fait que cette génération soit interconnectée à l’échelle de la planète a plusieurs incidences au niveau des entreprises. Son mode de fonctionnement est totalement différent. Notamment parce que la génération Y est zappeuse – capable de faire plusieurs choses à la fois et de passer rapidement d’une tâche à une autre – et impatiente – vivant dans l’instantanéité en raison de ses difficultés à se projeter et sa facilité à obtenir l’information.

 

3/ Elle se trouve être la prochaine grande génération. Bien que certains doutent de la pérennité des comportements de cette génération, ils sont en proie de devenir la norme. Derrière tous les attributs cités précédemment tels que l’individualisme, le courtermisme, l’épanouissement, la transparence, l’engagement, le refus de l’autorité statutaire, apparait la remise en cause des modèles traditionnels d’entreprises. À l’issue de cela se dessine des modes de fonctionnement fondamentalement différents de ceux connus jusqu’ici.

 

À l’heure actuelle, la cohésion intergénérationnelle dans les équipes représente un enjeu majeur pour les entreprises. Bien que complexe, elle se trouve être une clé de performance.

 

Pour en savoir plus sur les facteurs de bien-être au travail, lisez cet article.

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