Un employé heureux est un employé performant

Bien que cela ne fasse aujourd’hui plus l’ombre d’un doute, il n’est jamais trop de rappeler qu’un employé heureux est un employé plus productif. Les études scientifiques n’ont cessé de le démontrer au cours des dernières années. À cet effet, revenons sur une étude réalisée par le département d’économie de l’Université de Warwick, au Royaume-Uni. Après avoir réalisé de multiples expériences sur un échantillon de 700 personnes, l’équipe de chercheurs a constaté que le fait d’être heureux accroit la productivité des employés d’environ 12%.

 

Les 700 cobayes ont été divisés en plusieurs groupes. Dans chacun d’eux, les participants ont été exposés à des conditions différentes. Pendant que certains remuaient leurs mauvais souvenirs en se remémorant une dispute familiale ou la perte d’un être cher, d’autres se voyaient servir des chocolats à déguster devant des vidéos humoristiques. Montre en main, les groupes ont ensuite été soumis aux mêmes tests mathématiques. Ceux qui venaient de vivre une expérience positive ont terminé l’épreuve plus rapidement que les autres et leurs réponses se sont avérées être plus justes.

Souhaitant agrémenter leur étude avec des cas concrets, les trois chercheurs britanniques sont partis à la rencontre d’entreprises pour interroger des responsables des ressources humaines, parmi elles Google et Ernst & Young (EY). Ils ont ainsi recueilli le témoignage de Lara Harding, directrice des programmes en faveur du personnel chez Google, « Nous savons que la santé, la famille et le bien-être sont un aspect important de la vie de nos collaborateurs. Nous avons également remarqué que les employés qui sont heureux démontrent une motivation accrue ». Et Matthew Thomas d’ajouter que « ce n’est qu’à partir de ces bases solides qu’ils peuvent gérer des problèmes complexes ».

 

Cela dit, le bonheur ne se décrète pas. Il serait illusoire de penser que les entreprises ont à elles seules le pouvoir de rendre heureux et motiver l’ensemble de leurs employés. Par contre, il est de leur responsabilité de développer une organisation engagée favorisant la performance et la productivité. Pour ce faire, elles doivent combattre le désengagement. Dans son ouvrage Happy RH, Laurence Vanhée qui fût la première Chief Happiness Officer de Belgique, souligne qu’un employé désengagé voire activement désengagé au travail – donc malheureux – est trois fois plus exposé au risque de dépression et a six fois plus de risques d’être en arrêt de travail pour maladie qu’un employé heureux. A contrario, un employé engagé jouit de deux fois plus de chance d’être également heureux dans les autres facettes de sa vie.

Convaincu que le désengagement est un frein majeur à la productivité, il est nécessaire d’en identifier les principaux facteurs. La société anglo-saxonne Gallup, qui mène des enquêtes sur le sujet depuis 30 ans dans 175 pays, a répertorié les principaux facteurs suivants : inefficience du leadership, environnement de travail anxiogène, absence de vision inspirante, manque de communication et de valeurs communes. Il se trouve que certains d’entre eux peuvent avoir une portée négative conséquente. C’est notamment le cas d’un leadership inadapté. Un management par la peur, le mépris, l’incertitude ou l’agressivité, augmente de 22% les risques de démotivation. De même, un manager qui n’accorde pas d’importance à ses collaborateurs ou ne leur témoigne aucune reconnaissance et l’affiche ouvertement, en fermant constamment sa porte de bureau ou en étant toujours absent, accroit le risque de démotivation de 40%. À l’inverse, un manager à l’écoute, témoignant de la considération et de la reconnaissance, apportant son aide en cas de besoin, encourageant et confiant des responsabilités aux membres de son équipe, réduit ce risque à 1%.

 

Outre l’amélioration de la performance et de la productivité, les employés heureux sont plus propices à travailler longtemps pour l’entreprise dans laquelle ils se sentent bien. Par conséquent, les entreprises réduiront les coûts de recrutement et de formation découlant des remplacements des salariés partants. Des données non négligeables à l’heure où les objectifs de croissance des entreprises sont revus à la hausse chaque année.

 

Pour ceux qui préfèrent les images, ci-dessous la retranscription des études universitaires (MIT, Harvard) portant sur la corrélation entre bonheur et performance :

Pour en savoir plus sur les facteurs de bien-être au travail, lisez cet article.

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