Se prémunir du fléau que représente le stress au travail

Charge de travail excessive, insécurité de l’emploi, relations difficiles avec les clients et/ou collaborateurs, manque de communication entre le management et les employés, faible entraide entre collègues, journées de travail à rallonge, problème relationnel avec la hiérarchie, opacité de la politique RH, discrimination (âge, sexe ou race) sont autant de facteurs de stress au travail.

 

Les différentes formes de stress 

Le stress naît d’un déséquilibre entre la perception qu’à un individu des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’il a de ses capacités à y faire face. Deux états de stress sont identifiables : le stress passager et le stress durable. L’état de stress passager peut, par exemple, être déclenché par une deadline à respecter. Dans la mesure où l’objectif fixé reste atteignable, cet état de stress est positif car il revient à booster la productivité de l’employé. Les contraintes subies peuvent être stimulantes, même sur le long terme, à condition de ne pas être trop intenses et hors de portée. Ainsi, un certain niveau de stress au travail peut s’avérer être un facteur d’amélioration de la productivité. Il s’agit alors de ce qui est communément appelé le « bon stress ».

Toutefois, le dosage précis de ce niveau de stress est une opération hautement délicate car les individus ne sont pas tous égaux face au stress. C’est pourquoi, deux individus confrontés à la même situation de stress pourront réagir de manière totalement différente. Bien que les individus soient capables de gérer la pression à court terme, ils éprouvent en revanche de grandes difficultés à faire face à une pression intense prolongée ou répétée.

 

Comment identifier les problèmes de stress au travail ?

Un certains nombre d’indicateurs permettent de mettre lumière la présence de stress chronique dans une entreprise. En effet, l’absentéisme notamment de courte durée, le turn over engendré des démissions, la récurrence de conflits internes, la fréquence des accidents du travail ou encore la prédominance des risques psychosociaux sont quelques-uns des signaux d’alarme pouvant révéler la présence de stress au travail. À échelle plus globale, l’accord national interprofessionnel du 2 juillet 2008 entre les partenaires sociaux français insiste sur les facteurs d’analyse suivants :

  • L’organisation et les processus de travail : aménagement du temps de travail, dépassement démesuré et systématique des horaires, charge de travail excessive, manque d’autonomie, objectifs disproportionnés, absence de moyens mis à disposition des employés, pression exagérée insufflée par le management, etc.
  • Les conditions et l’environnement de travail : agressivité dans les échanges, management par la peur, exposition au bruit, à des comportements abusifs, promiscuité trop importante, etc.
  • La communication : manque de clarté sur le travail attendu, de visibilité sur les perspectives et les changements à venir, mauvaise communication entre les strates hiérarchiques, absence d’informations relatives aux orientations et objectifs de l’entreprise, etc.
  • Les facteurs subjectifs : incapacité à concilier vie privée et vie professionnelle, sentiment de ne pas être à la hauteur des attentes, absence de soutien et de reconnaissance, pressions émotionnelles et sociales, etc.

Ces facteurs sont révélateurs du niveau de stress dans une entreprise. Lorsqu’un problème de stress est identifié, cette dernière se doit de mener des actions concrètes visant à prévenir et éliminer les sources de stress. Il peut s’agir de mettre en place des mesures collectives, individuelles ou concomitantes.

 

De lourdes conséquences

Il s’agit dorénavant d’un fait de notoriété publique : le stress est mauvais pour la santé ! Fatigue, troubles du sommeil, prise de poids, hypertension, problèmes capillaires et cardiovasculaires, affaiblissement du système immunitaire sont des symptômes fréquents en cas de stress durable et de forte intensité. Par ailleurs, un individu stressé est plus sensible et plus angoissé. Il devient moins sociable et est « à fleur de peau ». Son irritabilité complique ses relations avec autrui aussi bien dans la sphère professionnelle que privée. De plus, un niveau de stress élevé empêche de prendre du recul. Un individu stressé aura donc plus de difficultés à prendre des initiatives et à rester concentré. En résumé, un employé stressé est un employé moins performant qui représente un manque à gagner pour l’entreprise.

Une étude réalisée par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail estime que le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues. Parallèlement, une étude INRS et Arts et Métiers ParisTech révèle que le coût social du stress était estimé entre 2 et 3 milliards d’euros, en France, en 2007. Ainsi, la mauvaise santé psychologique au travail occasionne des dégâts économiques gigantesques causés par l’absentéisme, la baisse la productivité des employés, les coûts d’assurance maladie voire même les poursuites judiciaires entamées pour des questions de santé et sécurité au travail.

 

Une exposition au stress trop importante est dangereuse pour la santé des employés et est contre-productive pour les entreprises. L’élimination du stress au travail est un véritable levier de performance.

 

Pour en savoir plus sur les facteurs de bien-être au travail, lisez cet article.

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